Vous êtes au courant? C'est dans la soirée du lundi de Pâques que j'ai vu un débat riche d'enseignements à la télévision andalouse, très précisément sur "Canal Sur". Et je suis sûr que c'est bien ce soir-là, lundi, et pas le vendredi soir précédent, que j'ai regardé ce débat sur la prostitution à la télévision andalouse, car parler viande à la télévision d'un pays aussi catholique un vendredi saint, eut-été inconvenant.

D'autant plus que ce débat ne fut qu'une suite d'engueulades en règle, offrant un spectacle d'un genre navrant qu'il faut empêcher les enfants de regarder, non pas à cause du sujet traité, mais à cause du mauvais exemple que ces adultes mal élevés qui élèvent la voix en se coupant grossièrement la parole offrent aux téléspectateurs. Seulement deux personnes sur les six présentes sur le plateau se comportèrent correctement, voir courtoisement: la représentante des prostituées et un homme politique. Et en plus de cette mauvaise éducation qui puait abondamment la médiocrité dont quatre des participants faisaient étalage, tout le monde prétendait mieux connaître le sujet que la prostituée bien élevée qui, comme l'homme politique poli que je viens de mentionner, attendait poliment son tour pour parler sans vociférer comme les quatre forcenés.  

Mais ce qui est particulièrement rigolo, ou navrant, c'est que tout le monde, sauf une personne, donnait tort à la prostituée, et lui expliquait ce qu'est la prostitution, comme si tout le monde avait mieux su qu'elle ce qu'est son activité. L'homme politique poli, bien que très poliment, alla jusqu'à lui lire le résultat d'une enquête qui, chiffres à l'appui, démontrait le contraire de ce que prétendait la prostituée sur son activité. Même la féministe gueulait à en péter à s'en péter les cordes vocales, que la prostitution n'est pas ce qu'expliquait cette prostituée qui, par ailleurs, est la présidente d'un comité de défense des prostituées. Quant à un des plus gueulards qui tenait à ce qu'on sût qu'il était franchement de gauche, il s'époumona pour contredire la prostituée et une journaliste tout aussi gueularde, mais qui, elle, défendait la même position que la prostituée, et il alla jusqu'à cracher que la prostitution est le résultat du patriarcat, de la domination du plus fort sur le plus faible, de la domination de l'homme sur la femme et, tenez-vous bien, le résultat du capitalisme. Vous ne me croyez pas? Vérifiez, et vous verrez que pour incroyable que ça paraisse, c'est vraiment vrai.

Pour ou contre la prostitution, pour moi, c'est comme vous voulez, mais c'est bien simple. Ou on l'accepte, ou on la refuse, sans aller chercher si loin, avec leurs divagations sur le capitalisme, vociférées avec la bave à la bouche. Si on accepte que des gens vendent ce genre de services, il faut bien accepter que les clients l'achètent. Si on ne veut pas de la prostitution, il est bien évident qu'on ne peut accepter ni la vente, ni l'achat, de ce genre de services. Sinon, des esprits simples pourraient en effet trouver complètement loufoque qu'on puisse vendre ce qu'on n'a pas le droit d'acheter, ou qu'on ait le droit d'acheter ce qu'on n'a pas le droit de vendre. Mais surtout, ce débat sur la prostitution diffusé par la télévision andalouse me fait penser à toutes les fois où des gens se sont faits traiter de crétin dans mon téléviseur, parce qu'ils prétendaient quelque chose d'aussi évident que quand il pleut, il tombe de l'eau, et qu'on leur démontrait le contraire de ce qu'ils savaient pertinemment, y compris lorsqu'il s'agissait de quelque chose en rapport avec leurs compétences professionnelles, comme ce fut le cas avec cette prostituée à laquelle le politicard et trois autres personnes se permirent d'expliquer ce qu'est le métier qu'elle pratique, et qu'ils ne pratiquent pas.

Pire encore, ce débat me rappelle étrangement nos débats politiques télévisés, au cours desquels des membres éminents de notre élite politique se contredisent de la même manière, en niant à grand coups d'opinions, même les évidences les plus évidentes. 

Je me demande si, par hasard, Coluche n'avait pas raison quand il disait: "Il paraît qu'on est cernés par les cons. C'est vrai, mais on se rend pas compte à quel point."

Régis Ducon Lajoie la Marée Monte.   

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Bise